28ème CONFERENCE INTERNATIONALE DE LA CROIX ROUGE ET DU CROISSANT ROUGE
D E C L A R A T I O N D U G R O U P E A F R I C A I N
Déclaration
de l'Ambassadeur Mohamed-Salah DEMBRI
Coordonnateur du Groupe Africain au sujet de l'élection des membres de
la Commission Permanente
28ème CONFERENCE INTERNATIONALE DE LA CROIX ROUGE ET DU CROISSANT ROUGE
Déclaration de M.Mohamed Salah DEMBRI Ambassadeur, Représentant
Permanent Genève, le 03 Décembre 2003
XXVIIème
Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Genève du 31 octobre au
06 novembre 1999
Intervention
de Monsieur Mohamed-Salah DEMBRI, Ambassadeur, Représentant Permanent
Genève, le 2 novembre 1999
Monsieur le Président,
Je voudrais tout dabord, au nom de la
délégation algérienne, vous dire toute la satisfaction que nous éprouvons de vous voir
présider la présente conférence. Nos félicitations vont également aux personnalités
distinguées qui vous assistent dans cette tâche.
Puis-je également vous exprimer ici notre
sympathie et nos condoléances à la suite de la disparition tragique des passagers du
Boeing égyptien au large des côtes américaines.
Nous nous inclinons avec respect à la mémoire
des deux agents du CICR tués en Tchétchénie.
Monsieur le Président,
A bien considérer le thème qui nous
occupe ce jour, celui de la protection des victimes, un constat lancinant simpose à
nous tous, ici rassemblés. Voilà plus dun siècle quHenry Dunant, parti
dAlgérie où il résidait, fut le témoin oculaire des horreurs de la guerre à
Solferino et de là il favorisa lessor de ce nouvel humanisme qui consacra, à
laune des règles du droit international humanitaire comme nécessité absolue, la
protection des victimes de la guerre, la protection de la vie et le respect de la personne
humaine.
Or, force est de constater quà
lorée du IIIème millénaire, et après deux guerres mondiales, les
révélations de la barbarie nazie, les affres de la décolonisation, le siècle finissant
révèle toujours à la face du monde que lhorreur, la violence, la précarité
sillustrent désormais sous nos yeux, au Nord comme au Sud de la planète, et
interpellent plus que jamais notre conscience collective à lheure où la
mondialisation et linterdépendance des sociétés humaines sont désormais
postulées comme une suprême exigence dun devenir commun de solidarité et de
progrès.
Nous avons vu Monsieur le Président, en
moins de dix ans, en direct et sous les sunlights des médias, de nouveaux holocaustes, de
nouvelles shoas, relater le long martyrologue des peuples de Bosnie Herzégovine et du
Kosovo, et des génocides dun autre âge se perpétrer sur la terre
dAfrique ; nous avons vu, ici et là, des peuples privés de liberté subir des
répressions sanguinaires, des populations entières livrées à la violence des guerres
civiles et des citoyens sans défense victimes de terrorismes abjects se dissimulant
derrière la revendication régionaliste ou confessionnelle ; nous avons appris que
leugénisme et la stérilisation des handicapés étaient érigés, dans certains
pays, en doctrine dEtat ; nous aurons vu aussi une petite fille, en Amérique
latine, engloutie par un torrent de boue sous les yeux impuissants de ses parents, de ses
voisins et des secouristes. Lon pourrait encore aggraver cette liste mais point
nest besoin dassombrir davantage le tableau. La réalité y pourvoiera
Cest pourquoi, Monsieur le
Président, la délégation algérienne estime que le plus urgent nest pas
dapporter des amendements ou dajouter de nouveaux textes aux textes qui
forment le corpus du D.I.H et qui, dans leur ensemble, répondent aux besoins de
protection. Ma délégation soutient par contre que, pour prévenir les situations de
violation du D.I.H et pour lutter contre toutes les formes actuelles de précarité et de
vulnérabilité, il y aurait lieu de donner corps et essence aux deux principes essentiels
qui doivent guider lengagement et lassistance humanitaires : la
solidarité effective et le partenariat ouvert.
En effet, la solidarité est
aujourdhui une affaire de volonté politique de chaque acteur, national ou
international, issu des pouvoirs publics ou de la société civile. Elle appelle la
convergence dans létablissement de la doctrine conceptuelle et du code de conduite
et une perception harmonieuse et rigoureuse des situations et des objectifs. Elle permet
de lutter contre la dissémination des moyens et contre certaine tendance à vouloir
écarter le mouvement international humanitaire au profit dassociations agréées de
façon discrétionnaire. Elle est le meilleur rempart contre les tendances perverses,
apparues par endroits, dutiliser laction sur le terrain à des fins
dintelligence ou de commerce humanitaires.
Cest pourquoi, le partenariat bien
compris, pour sa part, établit dans lintervention humanitaire la relation de
parité et dégalité entre toutes les composantes qui agissent sur le terrain. Il
permet ainsi, dans les situations inédites et complexes, de fixer dans la transparence
les complémentarités conformes aux mandats respectifs de chacun, dans le respect des
principes dimpartialité et de neutralité et dans le refus dériger une
composante quelconque en " entité-gendarme " surveillant et
contrôlant les autres. Il aide par contre à mieux percevoir et mieux annihiler les
nouvelles formes transfrontalières de criminalité et de violence et de combattre les
motivations de ceux qui les perpètrent.
Cest dans cet esprit que, lors de sa
tenue à Lisbonne, la semaine dernière, le forum sur les droits de lhomme en
Méditerranée, organisé pour la 6ème fois par le Centre Nord-Sud du Conseil
de lEurope, a souligné la nécessité de promouvoir des relations plus humaines et
mieux équilibrées entre tous les continents, dans un esprit de solidarité,
dinterdépendance et de coopération.
Les participants ont évalué aussi la
nécessité de promouvoir une nouvelle culture de solidarité et de soutenir les
politiques de développement, notamment en matière de défense des droits de la personne,
la recherche de solutions aux problèmes de sociétés et le développement de
partenariats politiques.
Le renforcement de la coopération entre
les ONG et les Organisations internationales, les rapports entre ONG et pouvoirs publics
ainsi que laide à la promotion de la coopération au développement, ont été
dautres thèmes sensibles traités dans ce forum.
Cest par cette voie que lon pourra,
Monsieur le Président, parvenir à une éthique de laction humanitaire, faite
dabnégation et de mobilisation au profit des victimes de la guerre et de la
violence, au profit des personnes vulnérables et, en premier lieu, les enfants. Cette
éthique écartera les typologies erronées, fondées sur une supériorité hiérarchique
des Etats, les compromissions ou la sélectivité. Cest à ces conditions que
lidéal humanitaire prendra tout son sens.
Je vous remercie
Algérie
/ CICR
M. Mohamed- Salah DEMBRI, Ambassadeur,
Représentant Permanent de lAlgérie auprès de lOffice des Nations Unies à
Genève, a indiqué jeudi 18 mars quune visite du Comité International de la Croix
Rouge (CICR) en Algérie, interviendra tout de suite après lélection
présidentielle.
En effet, les autorités algériennes
ont donné au courant de la semaine leur accord au CICR pour se rendre en Algérie et
visiter les établissements pénitentiaires.
Cette lettre daccord, a indiqué
M. Mohamed-Salah DEMBRI, résulte des entretiens et des séances de travail que M. Jean
Daniel TAUXE, directeur des opérations au CICR a eu avec les responsables des ministères
des Affaires Etrangères, de la Justice et de lIntérieur.
Cette visite a poursuivi M. DEMBRI,
entre dans le cadre des missions habituelles du CICR qui dans cette perspective conseille
les autorités publiques des pays et leur adresse des recommandations pour des
améliorations éventuelles des conditions carcérales.
Elle indique par ailleurs, que la
coopération entre le Comité International de la Croix Rouge et lAlgérie a
toujours existé.
Au sujet de la lettre daccord
envoyée au CICR, lAmbassadeur dAlgérie précise quil appartient au
CICR de prendre les mesures dusage pour quune délégation puisse se rendre à
Alger et fixer avec les autorités algériennes les modalités pratiques de ces visites
(fixation dun calendrier, liste des établissements à visiter, rencontre avec les
responsables et le personnel affecté à la surveillance).
La
Fédération Internationale des sociétés de la croix-rouge et du croissant-rouge a
organisé deux réunions restreintes (Groupes ad hoc) et un Colloque conjoint (avec
la Webster University).
1. Le Groupe ad hoc sur
" le Plan de travail stratégique du mouvement humanitaire pour la période
2000-2010" a tenu sa première réunion du 23 au 27 mars 2000. Le Dr. Saïd Ayachi,
Président du croissant rouge algérien a pris part aux travaux de cette réunion qui a
porté principalement sur le bilan dévaluation des années 1990 et sur les
orientations aux sociétés nationales dans le cadre du plan stratégique 2010.
2. Le Groupe ad hoc sur la question des
emblèmes sest réuni les 13 et 14 avril. Les travaux de cette réunion ont abouti
à lacceptation dun " emblème protecteur supplémentaire dans le
cadre des conventions de Genève ". Une proposition sera faite dans ce sens par
ce Groupe afin et sera étudiée à différents niveaux (Commission permanente du
mouvement humanitaire, parties aux Conventions de Genève, Sociétés nationales et
Sociétés non reconnues officiellement).
3. Un colloque conjoint a été organisé,
le 04 avril 2000, par la Webster University et la Fédération Internationale des
Sociétés de la Croix Rouge et du Croissant Rouge sur le thème suivant : "Action
humanitaire et ressources humaines : le rôle des volontaires". Le deuxième
du genre (le premier ayant traité des "Normes humanitaires"), il est
également à inscrire en rapport avec la consécration de lannée 2001 en "année
internationale des volontaires" (résolution de lAssemblée Générale des
Nations Unies A/RES/52/17 du 20 novembre 1997).
Plusieurs questions pertinentes ont pu
être abordées, notamment :
la notion de volontariat par rapport à laction sur le
terrain;
les principes directeurs et les valeurs du volontariat ;
les ressources nécessaires aux actions de volontariat ;
le rôle économique et social des volontaires ;
les facteurs de motivation et de stimulation des
volontaires (système de reconnaissance et de promotion
);
le professionnalisme : outil defficacité du
volontariat ;
lappréciation diversifiée sur la tendance (ou la
réalité existante) de la professionnalisation de laction de volontariat ;
le système de gestion du volontariat ;
la question des normes (législation nationale, diversité
culturelle et protection juridique du volontariat) ;
la typologie des volontariats (notamment, le cas du
scoutisme);
lusage du réseau Internet pour la communication et
linformation ;
le partenariat entre différents acteurs dans le cadre du
volontariat (Etat, société civile et secteur privé).
Sur un plan plus spécifique, lexposé de M. Otto Hieronymi
(de la Webster University) a permis de dégager une problématique fort intéressante sur
les implications de la mondialisation sur les valeurs humanitaires en mettant en exergue
le concept d "économie de marché social".
En prévision de la consécration de
lannée 2001 en "Année internationale des volontaires" (qui sera
inaugurée le 05 décembre 2000), il est à signaler quune Conférence mondiale sur
les volontaires se tiendra, à Amsterdam, du 14 au 18 janvier 2001 (voir document en
annexe). Ses principaux objectifs consisteront à traiter du renouveau tant dans le
travail volontaire que dans le rôle que devront assumer respectivement lEtat et le
secteur privé.
La Conférence dexamen du TNP se
tient à New York du 24 avril au 19 mai 2000. Cest la première conférence depuis
lextension indéfinie de ce traité en 1995. Elle est présidée par S.E.M. Abdallah
BAALI, Ambassadeur, Représentant Permanente dAlgérie à New York.
Cette conférence fera le bilan des
réalisations enregistrées durant la période 1995-2000 dans les domaines de la
non-prolifération et du désarmement nucléaire, et se penchera sur lélaboration
de mesures supplémentaires pour la période 2000-2005.
Cette conférence, de lavis de tous
les observateurs, se tient dans un climat international qui a vu se détériorer les
grands paramètres de sécurité internationale : Difficulté dentrée en
vigueur du traité dinterdiction complète des essais nucléaires, non commencement
des négociations sur les matières fissiles, fragilisation du traité ABM de 1972,
difficile mise en uvre des accords START 2 en dépit de la récente ratification par
la Douma russe de ce traité, peu de progrès réalisés en matière de désarmement
nucléaire.
Une quarantaine de Ministres des Affaires
Etrangères sadresseront à la conférence ainsi que de hautes personnalités tels
les Présidents Jimmy Carter et Nelson Mandela et Monseigneur Desmond Tutu.
***
Visite à Genève de son Altesse
le Prince de Jordanie
Lors de son passage à Genève, Son Altesse le
Prince Hassan de Jordanie a convié les Ambassadeurs Arabes à une rencontre le 30 mars
2000. Cette rencontre, à laquelle a participé lAlgérie en sa qualité de
présidente du Groupe arabe de Genève, a permis un échange fructueux sur des sujets
importants concernant les domaines de la propriété intellectuelle et les affaires
humanitaires.