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60ème SESSION DU COMITE EXECUTIF DU PROGRAMME DU HAUT COMMISSAIRE POUR LES REFUGIES Genève : 28 septembre - 2 octobre 2009 Déclaration de la délégation algérienne dans le cadre de l’examen du point 4 relatif à la protection internationale PDF طباعة إرسال إلى صديق
الأحد, 18 أكتوبر 2009 15:47
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Madame la Présidente,

Ma délégation tient à vous féliciter pour la manière efficace avec laquelle vous dirigez nos travaux. Nous voudrions nous associer aux autres délégations pour remercier  Mme Erika Feller pour sa présentation et la teneur de la note sur la protection internationale qu’elle nous a soumise.

La protection internationale est au cœur du mandat du HCR. Les efforts que déploie l’Office à l’endroit des réfugiés, des déplacés, des apatrides en la matière méritent d’être salués et c’est l’occasion pour ma délégation de rendre un hommage appuyé au personnel du HCR pour son engagement le plus souvent dans des contextes de trouble et d’insécurité.

 Nous nous réjouissons que l’initiative d’évaluation des besoins globaux du HCR ait permis, comme le souligne la note, de mieux comprendre les lacunes en matière de protection.

 Nous continuons à soutenir la mise en œuvre de l’agenda pour la protection avec ses six principaux objectifs. Nous souscrivons pleinement à la nécessité d’assurer une cohérence entre protection internationale, recherche de solutions durables, développement et respect de la dignité des réfugiés. La synergie en la matière doit également comporter les principes de solidarité internationale et du partage du fardeau en incluant dans une relation de co-partenariat les pays donateurs et les pays qui ont la lourde responsabilité d’assumer l’accueil, le bien-être voire la survie des réfugiés, notamment dans les régions les plus affectées, comme c’est le cas en Afrique et au Moyen-Orient.

 L’Algérie reste à cet égard attachée à la mise en œuvre de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et son protocole additionnel de 1967 en ce qu’ils fournissent une base solide pour une réponse adéquate aux besoins exprimés par les réfugiés. Nous invitons tous les États qui n’ont pas ratifié ces deux instruments à le faire.

 Madame la Présidente,

 En plus des apatrides, nous notons avec préoccupation une hausse du nombre des déplacés internes en raison de la recrudescence des conflits qui secouent plusieurs régions du monde avec ce que cela implique dans le domaine de la protection. Cette année connaitra un événement d’importance particulière pour l’Afrique avec, en perspective, la tenue à Kampala, Ouganda, en octobre 2009, d’un Sommet spécial consacré à l’adoption de la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées intérieurement en Afrique. Nous apprécions hautement l’aide technique et autre fournie par le HCR au cours du processus de rédaction de cet instrument.

 Madame la Présidente,

 Les flux mixtes de migrants est un autre défis à relever par le HCR dans le contexte durcissement actuel des politiques migratoires de certains États mais aussi de l’excès de politisation dans le traitement de cette question. Nous nous félicitons des efforts que le Haut Commissariat déploie pour appuyer des initiatives pratiques visant à renforcer la protection des réfugiés dans ce contexte. Nous l’encourageons à renforcer davantage son partenariat avec les autres institutions concernées par la problématique de la migration internationale.

 Nous l’exhortons à poursuivre son soutien aux efforts visant à lutter contre les attitudes xénophobes qui marquent certains milieux politiques, administratifs et médiatiques dans certains pays. Nous espérons que les initiatives lancées par le HCR en matière de flux migratoires mixtes permettent de prendre en charge effacement l’interdépendance des questions de la migration, de la pauvreté, des conflits armés et des changements climatiques.

 Madame la Présidente,

 Ma délégation soutient les efforts du HCR visant à trouver des solutions aux trente situations de réfugiés prolongées persistantes et se félicite des progrès réalisés dans ce domaine, notamment en Afrique.

 Nous saluons l’initiative spéciale du Haut Commissaire pour les Réfugiés sur les situations prolongées. Nous appelons à l’accélération de processus de finalisation des négociations en cours pour l’adoption d’une Conclusion sur cette question importante. Nous partageons pleinement la conclusion retenue à l’issue du Dialogue du Haut Commissaire de 2008 sur les défis de protection selon laquelle chacune de ces situations requiert la solution qui lui est propre mais qu’en général la volonté politique constitue l’élément le plus crucial en la matière.

 Nous souhaiterions souligner que les solutions aux situations prolongées doivent être recherchées dans un cadre global et intégré impliquant en premier lieu les population concernées et leurs pays d’origine et fondées sur la pleine jouissance des droits reconnus par les instruments internationaux et le respect scrupuleux de la légalité internationale. Le rapatriement librement consenti qui demeure la solution à privilégier doit se faire dans la dignité et le respect des droits de l’homme.

 Madame la Présidente,

 Mon pays, qui a une longue tradition d’asile, continue comme tout le monde le sait à abriter à Tindouf une des trente situations de réfugiés prolongées, en l’occurrence celle des réfugiés du territoire non autonome du Sahara Occidental occupé.

 L’Algérie, en cela, traduit son appui constant aux peuples victimes de la persécution ou vivant sous domination coloniale ou étrangère. Il reste engagé sur cette voie au nom de ses convictions en faveur des idéaux de liberté et d’émancipation.

 En accordant l’asile au peuple sahraoui dont le territoire à été occupé par la force en violation de la légalité internationale,  il ne fait que témoigner sa solidarité naturelle avec un peuple dont les droits fondamentaux, en premier lieu le droit inaliénable à l’autodétermination, sont violés au mépris de la charte des N.U et d’autres instruments juridiques internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

 La protection internationale du peuple sahraoui n’est plus à démontrer comme le soulignent le rapport du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme suite à la mission qu’il a dépêchée en juin 2006 dans la région et les nombreux témoignages des agences onusiennes et des ONG présentes à Tindouf ainsi que des comptes rendus de Congresmen et plus récemment encore du parlement européen qui a décidé d’envoyer semestriellement des délégations exprimer la solidarité des eurodéputés au peuple sahraoui et de l’appuyer à travers l’Agence humanitaire ECHO.

 La protection internationale a été soulignée par le HCR lors de sa récente tournée dans la région. Il y a deux jours, il a indiqué la nécessité d’une solution politique au drame humanitaire. Nous partageons pleinement la démarche qu’il a préconisé en ce qui concerne le mandat et nous adhérons à sa sage et pertinente vision de la protection des réfugies sahraouis.

 Je vous remercie de votre attention.

 Genève, le 1er octobre 2009

 
 
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