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99ème session du Conseil de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM)
Genève : 29 novembre - 2 décembre 2010
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Point 6 : Débat général
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Déclaration de la délégation algérienne
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Genève, le 29 novembre 2010
M. le Président,
Nous voudrions tout d'abord vous dire combien nous sommes heureux de vous voir diriger nos assises.
La place et le rôle, bien reconnus de l’OIM, sont essentiels dans le traitement d'un phénomène, en l’occurrence la migration, des plus anciens et des plus complexes de la société internationale. Ils intéressent particulièrement l’Algérie pays d’origine, de transit et aussi d’accueil de migrants.
Nos félicitations vont aux autres membres du Bureau ainsi qu’à votre prédécesseur l'Ambassadeur Shinichi KITAJIMA du Japon, qui a accompli un travail remarquable durant son mandat.
Ma délégation s’associe à la déclaration prononcée par le Zimbabwe au nom du Groupe africain.
Nous nous réjouissons de voir la famille des Etats membres de l’OIM se renforcer aujourd’hui de nouveaux adhérents auxquels nous souhaitons une chaleureuse bienvenue. Le Lesotho, la République centrafricaine, Timor-Leste, le Botswana et le Swaziland pourront ainsi tirer profit de l'expérience de l'OIM en la matière de même qu'ils pourront nous faire partager leur propre expérience dans ce domaine.
L'admission en tant qu'observateur de l’Institut international de droit humanitaire (IIDH), de la Fédération des organisations chrétiennes de volontariat international (FOCSIV) et le Réseau de migration internationale Scalibrini (SIMN) témoignent de l’intérêt croissant porté à l’OIM par une variété d’acteurs au niveau international. Leur participation apportera certainement une valeur ajoutée à nos travaux.
Nous remercions l’Administration pour le document qu’elle a distribué pour information sur les critères d’admission des ONG comme nous l’avions souhaité. Nous souhaitons une présence accrue à nos travaux d’ONG appartenant au monde en développement.
Nous remercions le Directeur Général et le Directeur Général adjoint, pour leur direction inspirée et nous les assurons à nouveau de notre plein appui.
Monsieur le Président,
L’Algérie a arrêté volontairement en 1974, son émigration, résultante pour l’essentiel d’accords de main d’œuvre avec certains pays européens. Elle continue toutefois à gérer un potentiel significatif de ressortissants à l’étranger présents principalement en Europe mais aussi dans d’autres régions du monde.
La progression du phénomène migratoire est le résultat des politiques de mondialisation promues en tant que dogme par les économies dominantes. Pourtant ce sont les autorités des pays prônant la mondialisation qui s’opposent aux migrants, opposition exacerbée par la crise financière et économique mondiale actuelle.
Nous prônons une approche migratoire cohérente, équilibrée et intégrée qui fait de la mobilité humaine ordonnée un facteur positif pour les migrants eux-mêmes et pour leur pays de destination comme ceux d’origine. Cette approche repose sur les fondements suivants :
Ø Préservation des liens entre nos émigrés et leur pays, ainsi que la défense de leurs droits légitimes dans les pays d'accueil.
Ø Atténuation de l’impact de la fuite des cerveaux sur le capital humain national.
Ø Affirmation du lien étroit entre migration et développement
Ø Rejet de la prétention d’assimiler les transferts de l'épargne des migrants vers les pays d'origine à une aide au développement du pays d’accueil.
Ø Lutte contre la migration irrégulière et les réseaux mafieux qui l’exploitent, à travers la mise en place d’instruments de coopération fondés sur le respect des droits de l’homme et la dignité des migrants.
Ø Rejet des palliatifs sécuritaires et des approches de coopération dans la répression et de celles favorisant le repli sur soi et l'exclusion.
Ø Recherche de solutions viables et durables s’attaquant aux causes profondes de la migration et non seulement à ses manifestations extérieures.
Ø Encouragement de la circulation des personnes, à l'image de ce qui est fait et encouragé pour les biens, les services et les capitaux.
C’est dans cette logique que nous inscrivons notre démarche pour aborder les flux migratoires tant dans les cadres de concertation au niveau du Bassin méditerranéen que dans le contexte de l'Union africaine. Celle-ci s’est dotée d’une position commune définie par la réunion d’experts de l’UA en avril 2006 à Alger et approuvée par le Sommet de l'Union africaine à Banjul et par la Déclaration de la Conférence de Tripoli sur les migrations et le développement quelques mois plus tard.
Les relations de l’Algérie avec l'OIM s’inscrivent dans une perspective bilatérale et régionale.
Au niveau bilatéral, une nouvelle dynamique commence à s’installer dans les relations entre l’Algérie et l’OIM à la faveur de la visite en juin 2009 en Algérie du Directeur Général. La mise en place d'une représentation de l'OIM à Alger devraient intervenir, nous l’espérons, dans un proche avenir.
Au niveau régional, l'Algérie s’attache à sa participation en tant que partie prenante dans toute coopération régionale dans le cadre de l’action développée par l’OIM en Méditerranée occidentale et en Afrique.
L’expérience de l’Algérie, ses atouts et ses moyens non négligeables d’observation et d’analyse des flux migratoires peuvent être mis à contribution dans le cadre des échanges avec l'OIM.
C’est pourquoi, nous avions tant insisté avant l’adoption de la révision structurelle de l’OIM pour que les réalités migratoires propres à notre sous région soit dûment prises en considération dans leur contexte Afrique/Méditerranée.
M. le Président,
Permettez-moi à présent d'aborder un certain nombre de questions liées à la gouvernance de l'Organisation.
Le Directeur général a présenté un excellent rapport sur les activités de l’Organisation. Nous sommes satisfaits du développement de l’activité de l'OIM malgré les difficultés inattendues sur la scène migratoire internationale, notamment les catastrophes naturelles qui ont frappé plusieurs parties du monde ou l’impact de la crise récente.
Nous savons que l’OIM reste attentive aux demandes de ses Etats Membres. Nous l’encourageons surtout à allouer une part plus importante des ressources à l’Afrique, à promouvoir au sein du Secrétariat l’équilibre en matière de genre ainsi qu’une meilleure représentation africaine, notamment au siège, y compris à travers un financement par des bailleurs de fonds d’un plus grand nombre d’experts associés en provenance de nos pays.
Dans le contexte de la crise financière et économique mondiales, nous partageons l’inquiétude exprimée par le Directeur général au sujet de la montée des sentiments de xénophobie à l’égard des migrants. Nous appelons à ce que tout soit mis en œuvre afin d’éviter les suppressions discriminatoires d’emplois des migrants et pour atténuer l’impact du recul des fonds rapatriés vers les pays d’origine. Nous réitérons notre appel aux pays qui ne l’ont pas encore fait, à adhérer à la Convention internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants et des membres de leur famille.
Ma délégation comprend les motifs qui ont conduit l’Administration à établir le programme et budget 2011 sur la base de la croissance nominale zéro. Cette approche peut avoir néanmoins un impact sur la gestion de l’Organisation, notamment pour ce qui est de l’absorption des augmentations des dépenses statutaires liées à la structure de base. D’où l’importance d’une maîtrise absolue par l’Administration de ses dépenses.
C’est le lieu également de réitérer notre espoir que le Groupe de travail sur la réforme budgétaire puisse parvenir à une solution durable et satisfaisante au problème épineux du financement de la partie administrative du budget.
L’assainissement de la situation des arriérés de contribution pourrait améliorer le financement de la partie administrative du budget. Nous exhortons l’Administration à poursuivre ses efforts de sensibilisation auprès des Etats Membres en retard de paiement sans toutefois chercher à conditionner ses services par le versement des dettes.
Nous voudrions que l’expansion de l’OIM se traduise par une augmentation des revenus discrétionnaires qui servent entre autres à alimenter le Fonds 1035 et nous appelons à l'augmentation des contributions non affectées.
La troisième évaluation du Fonds 1035 vient d’être lancée et sera poursuivie durant le dernier trimestre de 2010 et le premier trimestre de 2011. Nous nous attachons à ce que cette évaluation serve à consolider les acquis obtenus dans le cadre de cet important instrument ou tout au moins à les préserver. Nous appelons l’Administration à favoriser une large concertation sur cette question.
Nous nous félicitons de l’achèvement en août 2010 de la mise en œuvre de la révision structurelle au niveau du siège. Nous sommes dans l’attente d’initiatives de la part de l’Administration, notamment en termes de consultation, en prévision de l’échéance qu’elle s’est fixée pour ce qui est de la deuxième phase relative à la mise en place des structures régionales prévue pour 2011. Nous sommes conscients de la complexité de la tâche mais nous gardons l’espoir que les préoccupations légitimes exprimées sur notre continent seront prises en charge dans l’esprit du compromis intervenu sur la réforme structurelle.
Nous sommes saisis au cours de cette session de la question de l’examen triennal de la Stratégie de l’OIM adoptée en 2007. La Stratégie en vigueur reste pertinente et d’actualité et demeure un instrument important pour la gestion humaine et ordonnée des migrations internationales. Nous sommes satisfaits de ce que les discussions menées par l’Ambassadeur KITAJIMA aient dégagé un large soutien autour de sa préservation avec les douze axes d’action qui y sont prévus. Compte tenu du lien reconnu entre migration et développement, nous souhaiterions que l’OIM se focalise au cours des trois prochaines années sur ce volet important avec ce que cela exige en termes de mobilisation des ressources financières additionnelles.
Nous nous félicitons des efforts déployés par l’OIM pour relever avec efficacité les multiples défis que présente la migration en tant que facteur de développement.
Nous espérons que la célébration du 60ème anniversaire de l’OIM en 2011 sera une occasion pour approfondir davantage le dialogue sur le respect des conditions humaines dans la mobilité humaine et ouvrir de nouvelles opportunités de coopération en matière de libération des déplacements des personnes à travers les frontières.
Je vous remercie. |