Déclaration de S.E.M Idriss Jazaïry au débat de haut niveau de célébration du 60ème annivesraire de l’OIM. Genève le 07 décembre 2011 PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 07 Décembre 2011 20:18

 

100ème session ordinaire du Conseil de l’OIM

Genève, 5 – 7 décembre 2011

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Débat de haut niveau de célébration du 60ème annivesraire de l’OIM

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Déclaration d’Idriss Jazaïry,

Ambassadeur, Représentant permanent

 

M. le Président,

M. le Directeur général,

 

Ma délégation s’associe à la déclaration prononcée au nom du Groupe africain, félicite les 14 nouveaux Etats membres de l’OIM et souhaite faire les commentaires suivants :

Les considérations économiques, les catastrophes naturelles, le changement climatique, les conflits armés et les crises politiques sont des sources croissantes de flux migratoires.

La migration mondiale contribue d’une part au développement humain dans les pays d'origine notamment à travers les transferts en retour de l’épargne des émigrés, d’idées et de technologies. Elle profite aussi aux pays de destination. Dans ces derniers, les migrants répondent en effet aux besoins du marché du travail et participent à la création de richesses.

A l'heure de la mondialisation, les flux migratoires ont des effets tantôt positifs et tantôt problématiques qui doivent être gérés par nos Etats avec humanité.

Les migrations concernent d’abord des personnes ayant acquis une qualification académique et professionnelle à la charge de leur pays natal. Il appartient aux Etats de rechercher constamment les meilleurs moyens de valoriser les apports des communautés émigrées en matière de savoir-faire, d’expérience professionnelle et d’investissement et de protéger leurs transferts de toutes natures vers leurs pays d’origine.

La migration irrégulière peut être problématique. Il n’en demeure pas moins que les migrants irréguliers sont, pour la plupart, des personnes ordinaires à la recherche, avant tout, d’opportunités économiques. Ils sont en droit d’aspirer à la protection de l’Etat du pays de destination qu’on peine parfois à qualifier de pays d’accueil.

Leur vulnérabilité est souvent exploitée par des réseaux mafieux qui prolifèrent à la faveur des politiques restrictives menées par certains pays développés de destination.

Il y a lieu de promouvoir dans ce domaine la ratification des instruments internationaux de coopération fondés sur le respect des droits de l’homme et de la dignité humaine des migrants.

A ce titre, nous exhortons les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier la Convention internationale sur la Protection des Travailleurs migrants et des Membres de leurs Familles.

De par sa position géographique, l’Algérie est à la fois un pays d'origine, de transit et de destination de migrants. Elle accueille un flux important de migrants en provenance de plusieurs pays africains et asiatiques. Elle continue à gérer un nombre significatif de ses propres ressortissants à l’étranger présents principalement en Europe mais répartis aussi dans d’autres régions.

L'Algérie est attachée à ancrer la problématique de la migration internationale dans celles du développement, des droits de l’homme et de la libre circulation des personnes.

Notre approche s’inscrit dans le cadre de la Position commune de l’Union africaine définie par les experts en avril 2006 à Alger et approuvée par le Sommet de l’UA de Banjul en juillet 2006 et par la Déclaration de la Conférence de Tripoli sur les migrations et le développement de novembre 2006.

Le lien entre migration et croissance économique a été réaffirmé à nouveau à l’occasion du Forum mondial sur la Migration et le Développement (GFMD) tenu la semaine passée ici à Genève. Cette réunion préparait le Deuxième Dialogue de Haut Niveau de l’AG /ONU sur les migrations internationales et le développement prévu à New York en 2013.

J’ai noté les remarques pertinentes ici même de M. Peter Sutherland au sujet de l’efficacité limitée du Groupe mondial sur la migration (GMG) dans l’intégration de la migration dans le cadre plus large du développement. J’espère qu’on pourra identifier les insuffisances et y remédier.

Au plan bilatéral, les relations entre l’Algérie et l’OIM ont été relancées à la faveur de la visite en juin 2009 en Algérie du Directeur Général. Nous sommes confiants que le projet d'ouverture d’une représentation de l’OIM à Alger se concrétisera dans un proche avenir.

Durant la crise humanitaire en Libye, l'Algérie a maintenu ses frontières ouvertes aux migrants des pays tiers dans l’esprit de sa tradition d’accueil et de solidarité à l’égard des personnes en détresse. Nous nous réjouissons de la collaboration qui s’est développée entre l’Algérie et l'OIM dans le contexte des opérations de rapatriement de ressortissants étrangers en Libye qui souhaitaient regagner leur pays à partir du territoire algérien.

Même si elle ne fait pas, ou pas encore,  partie du système des Nations Unies, l’OIM a connu un essor remarquable qui confère à sa mission un caractère universel.

La célébration du 60ème anniversaire de l’OIM nous offre une bonne occasion d’approfondir notre dialogue sur les opportunités de la mobilité humaine afin d’identifier de nouvelles pistes de collaboration au bénéfice à la fois des migrants et des pays d’origine et de destination. L’excellent rapport sur l’Etat de la Migration dans le Monde 2011 qui vient de nous être présenté par l’OIM constitue une contribution précieuse pour enrichir ce dialogue.

 

Je vous remercie.

Mise à jour le Mercredi, 07 Décembre 2011 20:28