Nos premières pensées vont aux familles des victimes et des personnels du HCR qui fait l’objet d’attaques d’intimidation dans l’exercice de ses nobles missions.
Nous saluons l’entrée de la Moldavie et de Djibouti à l’EXCOM et saisissons l’occasion pour rendre hommage à l’Ambassadeur Laura Thomson pour le travail qu’elle a accompli avec compétence durant la dernière session.
Permettez-moi tout d’abord de vous féliciter chaleureusement pour votre élection à la présidence de la 60ème session du Comité exécutif du HCR et vous assurez de notre pleine coopération.
Ma délégation fait sienne la déclaration faite ce matin par la Zambie au nom du Groupe africain.
Monsieur le Président,
Nous avons suivi avec grand intérêt l’importante déclaration prononcée par le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, M. Antonio Guterres.
Nous saluons M. Guterres pour les efforts qu'il ne cesse de déployer pour préserver et élargir l’espace humanitaire international. Nous le soutenons dans le processus de réformes internes qu'il conduit en vue d’améliorer l'efficacité des réponses du HCR aux problèmes de ses bénéficiaires. Nous nous félicitons des progrès jusqu’ici réalisés et nous restons convaincus que ce processus de réforme conduira à libérer davantage de ressources pour les activités opérationnelles et à améliorer les services de protection et d’assistance aux réfugiés et à d’autres personnes relevant du HCR.
La demande mondiale d’aide humanitaire continue d’augmenter, accentuée en cela par les catastrophes naturelles, la persistance des conflits armés et l’aggravation des vulnérabilités de toutes sortes sous l’effet de la crise financière et économique mondiale, la flambée des prix des denrées alimentaires, l’accroissement de la population et les inconvénients de l’urbanisation.
Le sort de millions de personnes déplacées interpelle toujours la communauté internationale alors que les statistiques du HCR en la matière restent alarmantes quand bien même l’on y relève une diminution du nombre de réfugiés dans le monde, passant de 11,5 millions en 2008 à 10,5 millions au début de 2009.
Nous notons avec préoccupation le nombre des déplacés internes dans le monde, estimé en 2008 à 26 millions. Nous plaçons à cet égard de grands espoirs en la Convention que l’Union africaine entend approuver à Kampala, en octobre 2009, à l’occasion d’un sommet spécial des chefs d’Etat et de gouvernement africains consacré aux réfugiés et déplacés sur le continent.
Les pays en développement, de par leur tradition d’accueil et de protection des réfugiés, assument un lourd fardeau dans la mesure où leurs ressources sont limitées. Les sacrifices qu’ils consentent dans ce domaine sont inestimables à comparer avec d’autres pays autrement beaucoup plus riches, qui politisent de manière souvent surdimensionnée des situations de déplacement sans commune mesure avec la responsabilité que les pays en développement assument. Il faudrait en conséquence reconnaître leurs efforts et s’attaquer davantage aux problèmes auxquels ils se heurtent en la matière. Le processus de réformes et de rationalisation des dépenses du HCR, en ce qu’il est censé entre autres accompagner les efforts de ces pays, mérite d'être encouragé de la manière la plus ferme.
Monsieur le Président,
Les questions de financement dans le cadre du budget-programme 2010-2011 revêtent un intérêt particulier pour l’ensemble des délégations au regard des défis majeurs que pose le nombre actuel des bénéficiaires.
Un appel pressant devra être lancé aux bailleurs de fonds pour aider le HCR dans la mise en œuvre de ses programmes et répondre aux besoins prioritaires de ses bénéficiaires tel qu’identifiés dans le cadre de l'Evaluation des Besoins Globaux.
L'amélioration du partenariat avec les autres institutions humanitaires onusiennes et les organisations non gouvernementales permettra dans le cadre de l'approche modulaire d'apporter une meilleure réponse aux besoins humanitaires des déplacés. Il s'agira d'œuvrer pour coordonner les activités sur le terrain en vue de permettre une organisation optimale et renforcer la capacité de réponse notamment dans les situations d'urgence.
Monsieur le Président,
Ma délégation se félicite de l'intérêt particulier porté par le HCR aux situations de réfugiés prolongées, à travers notamment sa décision de consacrer une « Conclusion » à cette question importante.
Fidèle à sa tradition d’hospitalité, l’Algérie continue comme vous le savez d’accueillir, à ce titre, à Tindouf un nombre important de réfugiés du territoire non autonome du Sahara Occidental depuis plus de trois décennies en attendant que soit mis en œuvre le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies. Je ne connais pas un Etat membre des Nations Unies qui ait reconnu la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara Occidental. Ce territoire figure sur la liste des territoires non autonomes des N.U. Le Royaume du Maroc vient de nous présenter sa version des faits, ce n’est pas celle des Nations Unies.
Au cours de sa toute récente visite dans les camps de réfugiés de Tindouf intervenue il y a trois semaines, le Haut Commissaire s’est rendu compte par lui-même de la situation de malnutrition grave et de dénuement de cette population.
Il aura certainement constaté que l’aide du HCR ne couvrait que partiellement les besoins des réfugiés et que le soutien humanitaire de l’Algérie dépassait en importance l’aide internationale.
Ma délégation accueille favorablement la réévaluation des projections budgétaires au titre de l’exercice biennal 2010-2011 pour répondre aux besoins de ces réfugiés. Notre espoir est de voir cette aide renforcer la couverture des besoins de cette population dans les domaines élémentaires de l’éducation, la santé et la nutrition et contribuer à l’amélioration du taux actuel d’anémie particulièrement élevé chez les enfants et les femmes.
Nous apprécions à leur juste valeur les efforts que déploie le HCR en faveur des réfugiés sahraouis au titre du programme des mesures de confiance qui leur facilitent les contacts personnels avec leurs familles au Sahara Occidental occupé. De par son noble objectif, il serait important que la mise en œuvre de ce programme soit poursuivi de la manière la moins problématique et la plus utile au renforcement de la confiance. C’est pour cette raison que mon pays a répondu favorablement à la demande du HCR d’étendre les² visites familiales par voies terrestres.
L’Algérie ne ménagera aucun effort pour continuer à assurer sur une base régulière aide et assistance à ces réfugiés, en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux. Nous appelons la communauté internationale à poursuivre son effort d’assistance à ces réfugiés qui dépendent totalement de l’aide internationale.
Monsieur le Président,
Nous assistons à l’ère de la mondialisation à une augmentation des flux migratoires mixtes, qui rend difficile la tâche de faire la part entre des craintes bien fondées de persécution et les mouvements migratoires clandestins.
Ma délégation appuie le HCR dans sa quête de nouvelles pistes pour répondre aux besoins croissants des populations concernées. Nous espérons que les discussions qui auront lieu en la matière dans le cadre de la prochaine édition du Dialogue sur les défis de protection contribuent efficacement au développement des capacités de faire une distinction entre les réfugiés et les migrants économiques sans détourner le HCR de son mandant initial.