Point 3 : Panel sur les journalistes dans les conflits armés
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Déclaration de la délégation algérienne
Genève, le 04 juin 2010
Monsieur le Président
Nous voudrions tout d’abord remercier Mme la Haute Commissaire adjointe pour son intervention ainsi que les autres panelistes pour leurs présentations.
Nous voudrions également remercier les délégations qui ont initié ce panel qui est une occasion opportune pour le Conseil de réfléchir sur les dangers et les menaces encourues par les journalistes en situation de conflits armés. Ce panel a aussi le mérite de nous permettre de réfléchir sur les cadres et instruments existants pour les protéger.
Nous nous associons aux interventions faites au nom de l’OCI, du Groupe arabe et du Groupe africain.
Les distingués panélistes ont tous, à travers des optiques différentes, mis en exergue les dangers, les risques, les drames et les traumatismes subis par les journalistes dans les conflits armés. Les panelistes ont éloquemment rappelé le rôle central qu’ils jouent pour informer le monde entier sur les atrocités des conflits armés.
Il a été fait référence, ce matin, à l’assassinat de journalistes en Algérie . Nous tenons à préciser que ces journalistes ont perdu la vie non pas dans une guerre civile comme cela a été affirmé mais pour avoir courageusement dénoncé les atrocités des groupes terroristes armés qui ont sévi dans les années 90. Ces martyrs de la liberté d’expression, devant la mémoire desquels nous nous inclinons, étaient des précurseurs de la prise de conscience internationale de la menace terroriste.
Dans le contexte sécuritaire intérieur de l’époque, l’Etat algérien a pris les mesures nécessaires pour assurer la protection des journalistes et leur permettre d’accomplir leur mission quels que soient les défis qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur profession. L’on peut citer au titre de ces mesures la mise à leur disposition à titre gracieux de logements sécurisés ainsi que le regroupement de la majorité des rédactions dans la « Maison de la Presse ».
Aujourd’hui, le sacrifice des vies de ces journalistes n’a pas été vain. Il a contribué à la consolidation des instituions républicaines et à l’enracinement de la liberté de la presse en Algérie.
Nous aurions souhaité, comme l’a rappelé le président du panel, que les interventions soient plus centrées sur le thème sous examen, à savoir la protection des journalistes dans le cadre des conflits armés. D’autant plus que ces discussions se tiennent au moment où des journalistes qui assuraient la couverture de la Flottille humanitaire de la Paix au profit des populations assiégées de Gaza ont été les victimes d’agressions et leur matériel confisquépar les forces israéliennes.
S’agissant enfin de l’affirmationde l’absence de mandat des forces de l’Union africaine pour la protection des journalistes dans les conflits armés, il a lieu de garder à l’esprit que, tel qu’affirmé unanimement par l’assistance, les journalistes sont des civils. A ce titre, leur protection est assurée sans qu’il y ait nécessité d’un mandat spécifique à leur égard. Au demeurant, l’article 4 de la Convention de Genève et l’article 79 du Protocole I qui s’imposent à l’Union africaine prévoient déjà la protection des médias.